Histoire du Rotary Club de Paris

Le Rotary Club de Paris des origines jusqu’à la deuxième guerre mondiale

La “préhistoire” du Club de Paris a commencé avec la prospection entreprise dès 1913 par le rotarien américain Franck L. Mulholland de concert avec l’anglais Thomas Stephenson en vue de constituer un Club en France. Cette prospection a été interrompue par la première guerre mondiale. A l’armistice, en 1918, un “Club des Alliés” fut créé en France pour permettre aux rotariens des Forces armées de se retrouver à l’hôtel Continental.

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L’idéal de progrès par la compréhension entre les peuples trouvait alors un écho favorable et rencontrait en France un fort courant pacifiste. Deux américains,  Robert Withington et Elmer Felt convainquirent un hollandais fixé à Paris, A. Vonck, de contribuer à la fondation d’un Club Rotary à Paris.

La décision de créer le Club de Paris fut arrêtée le 21 octobre 1920 à l’Hôtel Edouard VII. On voit ici le menu du dîner, signé par les participants, qui fait figure d’acte de fondation. On y retrouve notamment à côté de la signature de Elmer Felt celle des premiers membres du Club qui, comme de juste, étaient… quatre: Vonk (n°1 dans la série qui en compte plus de 1550 aujourd’hui), Shroder (n°2), Daus (n°3) et Waller (n°4).

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La remise de la charte au Club de Paris, déjà le 905ème dans la série, se fit officiellement et solennellement le 4 juillet 1921, date anniversaire de la déclaration d’indépendance américaine, à l’occasion de festivités telles qu’il faillit en coûter au Club sa survie financière. Mais très vite de nouveaux membres furent admis. L’effectif dépassait 40 membres en 1922.

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Parmi les nombreux présidents à s’être succédé à la tête du Club de Paris, Maurice Duperrey (1928-1929) est regardé comme le plus éminent. Il est à ce jour le seul français à avoir présidé le Rotary International, c’était au cours de l’année 1937-1938. On le voit ici (à droite) à côté de Paul Harris, “l’inventeur” du Rotary.

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Le Rotary Club de Paris a rapidement essaimé, parrainant successivement les Clubs de Lyon, Toulouse, puis Nice, Vichy, Angers, Marseille, Lille, Perpignan, Dijon, Saint Raphaël, Tours, Clermont-Ferrand, Reims, Boulogne-Sur-Mer, Caen, Chartres, et aussi Zurich et Bruxelles. Dès 1928, des contacts étaient pris par Paris avec des égyptiens pour la création du Club du Caire.

En 1924, le Club de Paris éditait une “lettre hebdomadaire” ronéotypée. Ce support dont nous recherchons les exemplaires a été remplacé en 1926 par une “Feuille de Quinzaine”, dont nous n’avons pas davantage la trace.

Ce n’est qu’en 1928 que commence la publication des bulletins dont nos archives, désormais numérisées, renferment tous les exemplaires, hormis l’année 1962/1963 que nous recherchons. On y retrouve les conférences prononcées au Club et aussi parfois d’amusantes caricatures de membres dont certains sont restés célèbres.

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Le Rotary Club de Paris pendant la deuxième guerre mondiale

Au début de la reprise des hostilités entre la France et l’Allemagne, ou “drôle de guerre”, le Club dont le siège était au Crillon se réunissait au Grand Hôtel, près de l’Opéra où nombre de membres, mobilisés, se rendaient en uniforme.

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La percée allemande de juin 1940 n’a laissé que très peu de temps au secrétaire administratif du Club pour emporter dans l’exode les archives du Club.

Pendant l’occupation le Club, interdit par les allemands, se réunissait néanmoins clandestinement par petits groupes. Les réunions étaient itinérantes de restaurant en restaurant, emmenées par Edmond Chaix, éponyme et éditeur des guides gastronomiques et du célèbre horaire des chemins de fer. Un jour, à la Rotonde, Maurice Duperrey voit un officier allemand rôder l’air suspicieux autour des tables. Tous les participants s’attendent à être arrêtés. Maurice Duperrey se lève alors et va au devant du militaire. Il s’agissait d’un officier chargé de la surveillance des usines Renault, il était lui-même …Rotarien.

Une autre fois, pour cause de travaux, des officiers allemands privés de leur salle de déjeuner choisirent pour cantine celle où se réunissait clandestinement le Rotary. Le Club se sédentarisa alors au même endroit car à travers le paravent qui  séparait les tables occupées par les allemands de celles occupées par les Rotariens, on pouvait entendre Radio-Londres que les allemands espionnaient en déjeunant. Chacun, tendant l’oreille pour capter ce qu’écoutait l’autre, apprenait ainsi au moment de passer à table que les carottes étaient cuites et que les violons avaient des sanglots longs.

Le Rotary Club de Paris après la guerre

Dès 1945 le club reprit ses activités et la publication de son bulletin. On déplora des morts et des disparus en déportation parmi les membres entrés au club avant la guerre. D’autres revenaient auréolés de la gloire d’avoir résisté ou participé aux combats pour la victoire. Le Club n’échappa pas à la création d’un comité d’épuration.

Le professeur de droit public René Cassin, ardent militant pacifiste était entré au Club en 1931.

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De retour de Londres où il avait rejoint le Général de Gaulle, il a écrit l’acte constitutif de la France Libre avant de participer, après le procès de Nuremberg, à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. Sa participation à l’édification de ces institutions lui valut le prix Nobel de la paix, la présidence de ce qui allait devenir le Conseil Constitutionnel de la Vème République et la présidence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, outre la Vice-présidence du Conseil d’Etat.

Les actions du Rotary Club de Paris

Depuis son origine le Club de Paris honore la devise du Rotary: “Servir” en versant des dons et des prêts d’honneur pour des causes humanitaires. Mais pas seulement. Le Rotary Club de Paris met aussi sa compétence et celle de ses membres au service de l’intérêt général.

Par exemple en 1933, au milieu de la grande dépression, le Rotary Club de Paris a rassemblé en une étude très détaillée de 200 pages les résultats d’une enquête menée auprès de tous les Clubs Français sur l’état de l’emploi dans les entreprises de leurs membres et du chômage dans leurs ressorts géographiques respectifs. Cette étude, précieuse à la connaissance approfondie du tissu économique, a été remise aux pouvoirs publics pour les éclairer sur des réalités qu’ils ne connaissaient pas avec un tel degré de précision.

Le combat contre la poliomyélite

Président du club en 1985/1986 Guy Crescent, atteint de la poliomyélite depuis l’âge de 7 ans, a engagé résolument le Club dans la campagne de lutte contre le fléau de la poliomyélite initiée par le Rotary International. En moins de trente ans, la maladie a été presque entièrement éradiquée. Plus de 2 milliards d’enfants ont été vaccinés à travers le monde. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) estime que le Rotary a ainsi sauvé au moins 5 millions de vies humaines.

L’accès à l’eau potable

Le Club de Paris a conduit de nombreux programmes d’action en faveur de l’accès à l’eau potable, il a parrainé l’association “Eau sans frontières” dont il héberge le siège.

Les femmes et le Rotary Club de Paris

Le Rotary est longtemps resté un Club “à l’anglo-saxonne”, où les femmes n’étaient pas admises. En 1989 la décision a été prise par le Rotary International de permettre le recrutement de femmes, c’était à bien des égards une révolution culturelle dont le Rotary n’a eu qu’à se féliciter depuis. En 1998 le Club de Paris a accueilli la première femme membre du Club. En 2009, le Club a eu pour la première fois une femme pour Président.

Enfin c’est une française, Catherine Noyer-Riveau, membre du Club de Paris et ancien Gouverneur du District parisien qui a été la première femme admise au “board” (Conseil d’Administration) du Rotary International.


Cet article est tiré du site internet du Club de Paris. Suite à une refonte de leur site, l’original a aujourd’hui disparu.